Jusqu’au mois de juin 1944, l’Abbaye a pu poursuivre sa vie de prière.

Mais, dans la nuit du 6 au 7 juin 1944, Lisieux est bombardé par les troupes alliées : le monastère est entièrement détruit. Vingt moniales, dont Mère Sainte Mechtilde, trouvèrent la mort sous les décombres.

 

 

 

Les sœurs rescapées, plus ou moins blessées, allèrent se réfugier, en différents endroits, à quelques kilomètres de Lisieux. L’un des groupes de sœurs, guidé par l’Aumônier, trouva dans une ferme un accueil bienveillant. A leur arrivée, la sœur Cérémoniaire, toujours fidèle à sa charge, jeta un regard sur les pauvres paquets que les sœurs avaient sauvés à la hâte… : « Il y a des bréviaires, dit-elle, si nous récitions l’office ? Nous en sommes aux Laudes. » Ainsi, l’Office Divin ne fut jamais interrompu conventuellement.

Après quelques temps très pénibles pendant lesquels survinrent plusieurs décès dont celui de l’Aumônier, Paris offrit un refuge provisoire. La Maison-Mère de Notre-Dame de Sion puis les Augustines Hospitalières de l’Hôtel-Dieu accueillirent et hébergèrent fraternellement les moniales sinistrées jusqu’au retour en Normandie. Il s’effectue le 22 juin 1945 à la Monteillerie, grand manoir normand situé à huit kilomètres de Lisieux. La Communauté put y reprendre la vie régulière.